Goûter-rencontre avec Valérie Zézé

Date : 2018-11-18
Date de fin : 2018-11-18
Heure : 16:00 à 18:00
Goûter-rencontre avec Valérie Zézé

Discussion avec Valérie Zézé autour de la bande dessinée "La Ballade des dangereuses" (de Anaëlle et Delphine Hermans) qui retrace une partie de son expérience carcérale.
Quelques boissons et bonnes choses à manger seront proposées aux participants.


Au sein de l'exposition collective proposée dans le lieu LaVallée sera proposé entre autre une exposition de reproductions de planches de la bande dessinée "La ballade des dangereuses" de Anaële et Delphine Hermans.

Plus d'infos sur tout l'événement collectif proposé dans le cadre des JNP 2018 à LaVallée du 16 au 22/11 : https://www.facebook.com/events/357928744976910/

Une rencontre proposée par la CAAP, Concertation des Associations Actives en Prison. Infos : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Entrée libre et gratuite.

« La ballade des dangereuses » s’ouvre sur une scène qui se passe dans le bureau d’un procureur : Valérie Zézé est condamnée à 18 mois de prison. Elle est ensuite transférée en fourgonnette jusqu’à la prison de Berkendael, où elle attend sur un banc avant d’être enregistrée, douchée, et emmenée en cellule. Suit la première nuit, une mauvaise nuit, évidemment.
Petit à petit, Valérie raconte sa vie quotidienne : le préau, les interactions avec les autres détenues, le respect dont elle parvient à s’entourer (en l’imposant par la peur) ; les visites de son fils, la joie d’une complicité retrouvée et la violence de la séparation ; le cachot ; le travail à la cuisine et à la bibliothèque ; le douloureux sevrage de la cocaïne ; les trucs et astuces pour se construire un petit espace de liberté intérieure, la découverte de la religion musulmane, et puis la conversion...
Valérie nous raconte également ce qui l’a menée à la prison : la spirale de la cocaïne et du vol.
La fin de La ballade des dangereuses raconte la sortie de prison : Valérie est gonflée d’espoir, convaincue qu’elle va pouvoir se construire une vie normale. Elle se trouve vite confrontée à de nombreux obstacles : elle ne parvient pas à se mettre en ordre administrativement, et elle est isolée sociale¬ment. Elle réussit finalement à trouver une communauté qui l’accepte pour faire une cure, dans le Sud de la France. Elle y est encore, menant un travail de fond qui prendra du temps, tentant de consolider un équilibre bien fragile...

Au départ de cette bande dessinée, il y a eu une curiosité, un intérêt pour l’univers carcéral, où l’humain est poussé dans ses limites. Il y a eu surtout une envie : celle d’aller au-delà des images et idées reçues sur la prison, pour raconter l’histoire de personnes, avec leurs émotions, positives et négatives, leurs nuances.
Les auteures de cette BD, Anaëlle et Delphine Hermans : « En effet, nous nous sommes rendu compte que nous avions entendu beaucoup de récits sur la prison, mais que nous ne connaissions personne qui ait été incarcéré. Il en allait de même autour de nous : beaucoup de personnes de notre milieu social privilégié connaissaient des professionnels qui avaient travaillé en prison, mais personne ou presque ne connaissait quelqu’un qui ait été incarcéré. Comme s’il y avait une barrière sociale qui nous empêchait de rencontrer des détenus ou ex-détenus. Nous avons voulu franchir cette barrière, aller à la rencontre des personnes, au-delà des idées reçues ou jugements, raconter leur histoire. »
Dans une démarche exploratoire, Anaële Hermans a rencontré une série de professionnels du secteur, qui l’ont mise en contact avec des ex-détenus. Lorsqu’elle a rencontré Valérie Zézé, le projet a vu le jour : la BD allait se concentrer sur son histoire, et plus particulièrement son dernier séjour en prison, ainsi que sa sortie. « Valérie nous a semblé être un personnage idéal pour plusieurs raisons : elle avait très envie de raconter sa vie ; son témoignage est dur mais aussi plein d’humour, de joie de vivre, et d’espoir ; il permet de mettre en lumière de nombreuses facettes de la réalité carcérale, y compris les mécanismes qui amènent des personnes à multiplier les séjours en prison. »

Lors d’une série de séances, Anaële a enregistré l’histoire de Valérie. Elle l’a ensuite scénarisée, et a retravaillé le scénario avec Valérie afin de corriger ce qui était nécessaire. Delphine Hermans a alors commencé la mise en images, en se basant sur des photos, entre autres prises lors d’une visite à la prison de Berkendael, et en vérifiant auprès de Valérie que cela correspondait à son vécu.
La voix off est assez présente dans ce récit, afin de plonger le lecteur dans le monde intérieur de Valérie, ses émotions, ses démons, son humour, ce qui l’aide à tenir le coup. Ce monde intérieur apparait également dans des passages plus oniriques ou symboliques, qui apportent des bouffées d’air dans ce récit d’enfermement. Notre intention, avec ces passages oniriques ou symboliques, était également de donner une profondeur supplémentaire au témoignage, d’apporter un point de vue original sur la réalité carcérale.

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